la vida es un sueño...

petit roman en vers, parfois... envers et contre tout, toujours...

Difficile passage



Nous avons laissé notre ami (§ V) au début de l'année 1981, au moment où, après avoir de quitté le PCF, il décide de participer à un appel public en faveur du candidat Chirac à l'élection présidentielle. 
 
 Jean-Marc n'avait pas localement une grande influence mais, comme nous l'avons déjà vu, le département étant peu peuplé, tout le monde se connaissait.

 Dans le milieu enseignant, il avait pris quelques responsabilités syndicales (secrétaire d'établissement d'un syndicat de la Fédération de l'Education Nationale). Les réunions interdisciplinaires étaient fréquentes et dès les débuts, Jean-Marc s'était fortement impliqué dans la Formation Continue pour Adultes. Il avait ainsi établi de nombreux contacts dans les milieux professionnels, avec des chefs d'entreprises, et participé à la mise en place de nombreuses actions dans ce domaine. Il avait de bonnes relations  avec des élus, maires, conseillers généraux de tout bord... Dans le village où sa famille s'était installée depuis une dizaine d'années on le trouvait plutôt sympathique et dynamique. En tant que professeur, il avait acquis une bonne réputation...
 Son "virage à droite" créa d'abord quelque surprise, puis vint le mépris et même assez vite la haine... 
 La surprise fut illustrée par une petite histoire  assez drôle. Une partie de la cellule du PC du coin et quelques sympathisants discutaient en prenant l'apéro au bistrot. (c'était d'ailleurs la principale activité de la plupart d'entre eux, retraités, chômeurs semi-professionnels, "bras-cassés" en accident permanent "du travail", colleurs d'affiches éventuels, claque dans les réunions publiques, complément de foule  des manifs... ). 
  Le patron du café, un pied noir, n'aimait pas du tout les cocos. Il écoutait distraitement la conversation en lisant quelques titres de l'édition départementale du  quotidien toulousain. Coïncidence, la conversation vint à porter sur Jean-Marc qui s'était  apparemment fort éloignés d'eux. L'un des partenaires proclama sa conviction que malgré quelques divergences passagères, leur ex-camarade les rejoindrait dans la campagne en faveur de Georges Marchais. Le bistrotier éclata de rire en entendant ces propos : il venait justement de lire l'appel à voter Chirac signé par Jean-Marc et quelques-uns de ses amis enseignants. Le commerçant s'empressa de communiquer la nouvelle aux intéressés. Il décrivit plus tard à Jean-Marc leur réaction : incrudilité, puis stupeur, accablement, mutisme et départ précipité...
 Pas grave, mais le dépit rageur, les insultes, les menaces même, allaient suivre...

par Lambert Palis
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